Saturday, December 29, 2012

Fin du trip a velo. End of the bicycle trip

Je suis actuellement a Bangkok apres avoir visiter le Laos pendant presque un mois. Je n'ai pas ecrit depuis un mois et j'ai enormement de choses a raconter. Mais j'aimerais tout d'abord revenir sur les circonstances qui m'ont force a arrete de pedaler.
Des les premiers jours j'ai eu plusieurs problemes techniques: les freins, les vitesses, le porte bagage (que j'ai du changer deux fois). Cela m'a beaucoup retarde et m'a vraiment frustre. En meme temps je m'habituais a mon nouveau rythme et y prenais de plus en plus de plaisir. La route etait tres belle et tres sauvage. Personne ne parlais anglais dans les endroits que je traversais, ce qui m'a oblige a apprendre un peu de Khmer. Les Cambodgiens qui me croisaient m'encourageaient tous et tous les enfants m'acceuillaient en souriant et en criant "Hello Barang!" (litteralement Salut le Francais! ou plutot Salut le blanc!). 
Etant donne que j'etais seul j'ai pu aller a un rythme assez eleve et faire des etapes assez longues comme celle qui m'a mene a Ban Lung: 150 km avec une arrivee en cote par 35 degres en plein soleil. J'ai entrevue mes limites ce jour la mais j'etais encore tres loin de les avoir atteint. A Ban Lung je me suis repose pendant deux jours, avant de prendre une route qui menait dans un endroit vraiment recule du Cambodge. 
Je comptais rejoindre le Laos en passant par une partie assez reculee du Nord Est du Cambodge. Le premier jour j'ai rejoins un village pres d'une riviere appele Wunsei et j'y ai passe la nuit chez une famille sino-cambodgienne. Je me suis lave a la riviere et j'ai partage le diner avec eux avant d'aller me coucher dans un lit qui n'etait en fait rien de plus qu'une planche de bois. Je me suis en route a l'aube le jour suivant pour 70 km d'une piste qui apparement etait difficilement pratiquable a en croire les plusieurs mises en gardes des locaux.
La piste etait en fait un petit chemin de foret avec des portions sablonneuses, des portions boueuses, des cours d'eau a traverser. Le paradis pour l'enduro. Mon VTT etait plutot adapte a ce genre de chemin et je n'avais pas trop de difficultes a avancer. La piste se divisait a plusieurs endroit, pour eviter des endroits rendus impraticable par la pluie ou pour rejoindre des petites fermes ici et la. J'ai du demander mon chemin a tous les rares locaux que je croisaient.
Bref, je prenais vraiment mon pied. Mais au bout d'une vingtaine de kilometres la pedale gauche commenca a devenir de plus en plus lache jusqu'a ce qu'elle se deboite. J'avais deja eu ce probleme quelques jours auparavant (il est important de rappeler que mon velo etait fabrique en Chine) mais je croyais que c'etait repare. J'ai essaye de reparer ca avec les moyens du bord mais l'embout semblait use et donc la pedale ne tenait plus. J'etais a une quarantaine de kilometres de Siam Pang, au moins selon la carte qui tres souvent s'etait averee plus qu'approximative en terme de trace des routes et de distances. J'avais un hamac, une moustiquaire, un peu a mange, des purificateurs d'eau donc je me suis dis que dans le pire des cas je pourrais passe la nuit dehors. J'ai donc decide de continuer a pied en esperant arriver au prochain village avant la nuit.
Peu de locaux empruntaient cette route et j'ai marche pendant une heure sans croise personne jusqu'a ce que je vois deux personnes en moto (enfin plutot un scooter) mais malheureusement ils ne peuvent pas vraiment m'aider, juste une derniere vaine tentative de reparer la pedale. Donc j'ai du continuer a pied. Pour devancer un eventuel manque d'eau, je me suis arrete a un cours d'eau pour purifier un litre.


Enfin apres avoir marche pendant une heure et demi, je tombe sur un tracteur local, un motoculteur qui tracte une remorque. Cependant prendre place dans la remorque n'etait pas envisageable vu l'etat de la route. Il m'a donc demande de continuer a pied, en courant. Il se rendait a Siam Pang aussi et il a tout de suite spontanement offert de prendre mon velo et mes affaires sur sa remorque. Je leur ai donne de l'eau, il n'en avait pas et avait tres soif et je n'avais plus que l'eau purifiee de la riviere. J'ai donc commence a courrir. J'avais tres soif et j'ai ete oblige de boire l'eau de la riviere. Je ne savais pas combien de kilometres j'allais devoir parcourir a pied et donc je cherchais vraiment a menage mes efforts. Au bout d'une heure, j'ai demande au conducteur de monter dans la remorque. Le transport etait beaucoup trop inconfortable et dangereux, donc au bout de dix minutes j'ai repris la course. Heureusement nous etions proche d'un village bordant une riviere. Nous avons fait le plein d'eau et nous avons dejeuner. Et dans ce tout petit village au milieu de nul part j'ai rencontre un vieux Cambodgiens qui parlait couramment le Francais. La journee devenait de plus en plus improbable.


Ce village etait a environ 15 kilometres de Siam Pang. Nous nous sommes remis en route, moi en courant. La nuit allait tombe dans deux heures. J'ai courru pendant une heure avant qu'il ne me fasse monte dans sa remorque pour les quelques derniers kilometres. Nous sommes arrives a Siem Pang a la tombee de la nuit.
J'etais sain et sauf mais par contre mon velo etait definitevement hors service. J'ai tente une derniere fois de le reparer mais ca devenait vraiment absurde de continuer dans un velo dans un si piteux etat. J'ai donc pris un bus pour la ville la plus proche pour continuer mon voyage. J'ai reussi a revendre les restes de mon velo pour une fraction de son prix d'achat. Il y avait d'autres velos en vente tres bon marche. Apres avoir tergiverser pendant pres d'une heure j'ai decide d'en acheter et de rejoindre le Laos a velo.
Au Laos j'ai fait a peu pres 500 km mais le velo n'etait pas adapte aux routes montagneuses et j'ai donc jeter l'eponge, revendu le velo et continuer mes visites a pied. C'etait incroyablement frustrant de devoir renoncer. Le Laos est un pays magnifique que j'aurais adore visite a velo. L'experience etait tres positive et je pense refaire ce genre de chose dans le future mais avec un velo que je ramenerai moi meme.
Je pense que pour quelqu'un qui a un peu le sens de l'aventure et du temps devant lui, decouvrir un pays a velo est de loin le meilleur moyen. C'est d'ailleurs le seul moyen par lequel ou au lieu de rendre les locaux jaloux, c'est plutot eux qui ont pitie de nous.




I am currently in Bangkok coming from Laos where I spent nearly one month. I have not written anything in a month and have a lot to tell. But first I would like to speak about the events that forced me to stop cycling.
I had a lot of problems starting from day one.: the brakes, the shifter, the rack (that I had to change twice). This prevented to go as fast as I wanted and caused a lot of unnecessary stress. Despise that, I was getting used to cyclotouring and I was loving it more and more every day. The Cambodians who saw me would cheer me, the kids welcomed me yelling "Hello Barang" (Hello white person!) which was very motivating. 
Since I was alone I could ride as long as I wanted every day. I had a pretty long day reaching Ban Lung (Northeastern Cambodia): 150 km with a climb at the end. The temperature was 35 degrees Celsius and the sun was burning really hard. Not enough though to put me out of my comfort zone. 
I was on my way to Laos through a remote area of Northeastern Cambodia. I cycled to a small town called Wunsei that sat alongside a river. There I spent the night with a Chinese-Cambodian family. I washed myself at the river, I had dinner with the family and my bed was just a mere wooden plank. I headed to Siem Pang at dawn the next day. I was supposed to ride for 70 km on a very challenging dirt road according to the many warnings I received.
The road was actually a small forest path with sandy parts, muddy parts and a few rivers to cross. Apparently very fun to ride on a enduro motorbike. My mountain bike was pretty fit for these kind of rough paths and I could go forth without major troubles. The path would branch out to avoid parts of the road that had become impossible to ride due to the heavy rain or to reach some isolated farms. I had to ask my way several times to the rare locals I met.
Anyway, I was really having a blast on this wild dirt road. But after twenty kilometers my left pedal started loosening up until it fell off. I had the exact same problem a few days earlier (it's important to remind you that the bike was made in China) but I though it was fixed. I tried to repair it with the tools I had but the part where the pedal fit was used up and the pedal would not stay in place. According to the map I was some forty kilometers away from Siam Pang, but I had learned to distrust the map as it proved in the past to be incorrect several times. I had a hamac, a mosquito net, a little bit of food and some pills to purify water. So I was pretty confident that in the worst case scenario I would be able to sleep out in the forest. Hence I decided to carry on on foot hoping to reach the next village before sunset.
Not so many people used the road. I walked for an hour without seeing anyone until I saw two people on a small motorbike (more like a scooter). Unfortunately the best they could do is to try a last desperate attempt to fix my bike. I had to keep walking again. To prevent the case where I ran out of water I purified one liter of water from a stream I crossed. 
Finally, after walking for an hour and a half, I met a guy on a local tractor. It was not possible to take place on his trailer given how bad the road was. So he asked to follow him running. Him too was  going to Siam Pang and he spontaneously kindly offered to take my bike and my bags on his trailer. I gave them some (most) of my water, they had not planned ahead and did take any with them. So then I started running. I was very thirsty and had no choice but to drink the purified water. I did not have any idea of how long I would have to run and I was trying to save my energy. After an hour I asked my new friend to hop on the back of the tractor. It was actually painful and unsafe to sit on the trailer so I had to start running soon again. Fortunately, almost miraculously, we reached a village ten minutes later. There we bought several liters of water and we had lunch. And in this small village in a remote part of Cambodia, I had the pleasant surprise to meet an old man who could speak french fluently. I guess that someone (or something) decided to make my day more ironic.
We were fifteen kilometers away from Siam Pang. We went on or way, and I was still running. Sun was going to set in two hours. I ran for one hour until he took me on his tractor for the last few kilometers. We arrived at Siam Pang at dusk. I had survived that day but my bicycle was not that lucky. I tried to fix it one last time but it made less and less sense to keep going with such an unreliable bike. I sold the remains for almost nothing and noticed cheap bikes when I was at the bicycle shop. I took me one hour to ponder whether I should keep going or give up and go back to being a pedestrian. I bought a new bicycle and headed to Laos. 
I rode for five hundred kilometers in Laos, but the bicycle was not fit for its mountain roads. I made the difficult choice to sell my bike and give up my dream to reach Bangkok by bicycle. Laos is an amazing country, with the most beautiful mountain landscapes I have ever seen. I really think I will come back and repeat the same experience in this country. 
I would advice to anyone with has time and feels adventurous to try to visit a country on a bicycle. This is the only way to visit where instead of making the local envious, one makes them sympathetic.

La piste entre Wunsei et Siem Pang. Partie sablonneuse:
Sandy portion of the track between Wunsei and Siem Pang:
Parie boueuse. Il y avait plusieurs cours d'eau a traverse a pied
Muddy part. Many streams to cross on foot

 Un cours d'eau similaire a celui ou j'ai remplis ma bouteille:
A stream similar to the where I filled my bottle:

 J'ai vu ce crane de buffle a peu pres 100 m apres avoir perdu ma pedale. Pas vraiment le genre de signe du destin que j'esperais a ce moment la.
I saw this buffalo skull about 100 m after deciding to go on foot. It did not turn out to be a sign of an imminent gloomy fate, as I first briefly thought when I saw it.

Mon sauveur et son tracteur:
My savior and his machine:


Le velo que j'ai pris pour aller au Laos:
The bike I bought to go to Laos:

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